21.02.2012

Ouais, ben quand même, c'est la belle vie !

C'est la réflexion que je viens de me faire, à l'instant où je suis sortie d'un bon bain relaxant. Car le mardi après-midi, en général, je m'accorde ce petit plaisir de farniente pour compenser l'activité forcenée de ma matinée. Il n'est que 14h15, je vais continuer pendant quelques minutes le visionnage du documentaire que je regarde en replay, cette fois tranquillement installée dans mon lit, dans une chambre toute illuminée par un rayon de soleil presque printanier. Puis je sortirai pour une grande promenade sous le ciel bleu, ah, il commençait à me manquer, celui-là. Enfin, je préparerai l'épreuve écrite que j'ai annoncée à mes élèves du vendredi. C'est la journée dont j'ai rêvé mille fois au cours de mes années surbookées de maîtresse d'école, surtout lorsqu'on venait de passer sept semaines de classe. Bien sûr, il y avait les vacances pour ce genre de journée. Mais elles restaient épisodiques. Aujourd'hui, c'est tous les jours !

Comme vous le voyez, je n'ai pas été tirée au sort pour le dernier procès. Tant mieux, c'était encore une histoire de viol dans laquelle l'accusé niait les faits. Participer à un procès, c'était suffisant pour assouvir ma curiosité du fonctionnement d'une cour d'Assises.

Je n'écris plus guère sur ce blog. J'ai quand même réussi à le faire quotidiennement pendant un an. Mais là, je ne vois plus rien d'intéressant à raconter. J'ai l'impression que je vais passer mon temps dans des redites. Ou alors, il faudrait que je trouve une accroche, un déclencheur d'idées. Tiens, je pourrais essayer chaque jour d'ouvrir le dictionnaire au hasard, et partir du premier mot lu pour produire un texte ? Ou bien choisir la citation du jour dans un site dédié aux citations, et la commenter ? Ou choisir un mot en pointant au hasard dans mon livre de chevet (ou ma liseuse de chevet), et partir en voyage dans mon imaginaire, comme l'explorateur qui choisit une destination en stoppant avec son doigt le globe terrestre après l'avoir fait tourner ? A voir...

Pour finir, je vous informe que j'ai lu deux livres que l'on m'a prêtés ces jours-ci. Un excellent et un bien nul. A vous de deviner quel est l'adjectif qui convient à l'un et l'autre : La ballade de Lila K., de Blandine Le Callet, et La délicatesse, de David Foenkinos.

Ce qui m'empêche d'écrire une histoire, même pour mon plaisir personnel, c'est que je suis sûre que je ferais de la mauvaise littérature, comme l'un des deux livres que je viens de citer. N'empêche que ça rapporte quand même, si on a le bon filon.


Ajout quelques minutes plus tard : par curiosité, j'ai cherché des critiques des deux livres. Je ne trouve que des critiques positives, même pour celui que je n'aime pas. Bon.


Nouvel ajout quelques heures plus tard: Les critiques du Masque et la Plume, l'émission de France Inter, et ben, ils pensent comme moi. Alors. (mais je ne révèle pas tout de suite de quel livre il s'agit, au cas ou d'autres qu'instit voudrait essayer de deviner)

16.02.2012

Jury blues

Ce n'est pas le baby-blues, non, mais c'est dans le même genre, en plus léger quand même. Je pense que je vais être encore un petit peu abattue pendant un ou deux jours, jusqu'à ce que j'arrive à rechausser complètement mes souliers habituels, et oublier un peu les personnes qui souffrent concrètement de ce qui a valu un procès d'Assises. Je n'ai pas été retenue pour la deuxième affaire, et je dois y retourner lundi pour un dernier tirage au sort, encore une histoire de viol.

Je reprends le rythme habituel. Le temps est gris et tristounet, ce qui n'aide pas à retrouver de la gaieté. Ah, le printemps, les vêtements légers, les petites fleurs, peut-être que je ferai mes siestes digestives allongée avec un bouquin dans un pré... Allez, fermez les yeux, imaginez l'odeur d'herbe coupée et les bruits de tondeuse, vous sentez une petite brise chaude sur la peau, les oiseaux gazouillent tant qu'ils peuvent. Vive le pouvoir de l'imagination, mais bon, chaque chose en son temps, c'est bien connu.

14.02.2012

Faites entrer l'accusé

Et oui, c'est la vraie formule que j'ai entendue un certain nombre de fois au cours de ces deux jours. Le tirage au sort m'a désignée comme juré supplémentaire. C'est le remplaçant, prêt à prendre la place au pied levé d'un juré titulaire qui pour une raison ou une autre serait défaillant. Il assiste à tout le procès, tous les débats, mais est confiné dans une salle à part lors des délibérations auxquelles il ne participe pas (sauf si à un moment ou un autre il doit remplacer quelqu'un). J'ai donc passé ces deux jours dans l'enceinte de la cour d'assises, là où le président, les assesseurs et les jurés se placent, en hauteur et face à tout le monde, à écouter attentivement les uns et les autres (témoins, experts, accusé, plaignant, juge, avocats), mais je n'ai pas eu à assumer la responsabilité du jugement. C'est une expérience forte, impossible d'être indifférent et de ressortir comme si de rien n'était. Demain, nouveau procès, nouveau tirage au sort...

Du coup, le reste de ma vie est un peu en suspens. Je suis accueillie par mes parents, car les horaires (ce soir, on a fini à 21h30) et la météo (et oui, il neige !) rendent compliquée la route quotidienne depuis mon petit patelin. J'ai "piqué" l'ordinateur de ma maman qui s'est absentée ce soir. J'en profite pour signaler aux généreux donateurs qui ont participé à son achat qu'il est vraiment très bien !

Je suis un peu hors du temps, très occupée (voire préoccupée) par ma fonction provisoire de juré. C'est une drôle de sensation, comme si le reste du monde n'existait pas pendant ce temps-là. Une parenthèse extraordinaire dans la vie ordinaire. Un peu comme un voyage. Mais pas au paradis ! Plutôt dans l'enfer que vivent d'autres humains.

Sur ce, je vais essayer de me détendre, en lisant tranquillement avec ma petite liseuse qui maintenant me suit partout.