08.02.2012

Je me souviens

Je me souviens d'une époque pas si lointaine où le mercredi signifiait pour moi "jour de la semaine où il faut caser tout ce qui n'a pas pu être fait à un autre moment". Encore plus lorsque mes enfants étaient plus jeunes, et qu'il fallait emmener l'un chez le médecin ou l'orthodontiste, l'autre à son activité sportive, etc. Et bien là, il est 15h30, et j'ai fait tout ce qui était urgent, c'est à dire deux courrriers, donc pas grand chose. D'abord, j'ai moins d'enfants à la maison, et par conséquent moins de charges domestiques. Ensuite, je peux désormais régler les choses lorsqu'elles se présentent, j'ai suffisamment de temps pour ça dans chacune de mes journées. Et enfin, je n'ai plus les charges supplémentaires du travail à l'école. Aux oubliettes, les séances à préparer, les cahiers à corriger, les affichages à mettre en place, la classe et mon bureau à ranger, les sorties à organiser, les réunions à préparer, les comtes-rendus à faire, les demandes de tableaux et autres renseignements toujours urgentes de l'administration, et j'en oublie sûrement... Plus le stress et la fatigue. Mais encore aujourd'hui, j'ai du mal à changer d'attitude, et je suis souvent en train de me mettre la pression en réfléchissant à ce que j'aurais éventuellement oublié de faire. Je suis obligée de bien réfléchir avant d'accepter, que non, je n'ai rien à faire. Il est 15h30 et je n'ai rien de spécial à faire (en dehors des trucs habituels, genre lessive ou promenade du chien) ! Si je veux, je peux regarder une série télé sur mon ordi. Ou je peux papoter sur mon blog comme en ce moment-même. Ou astiquer un coin de ma maison. Ou bouquiner. Ou réfléchir à ce que je vais faire à manger ce soir. Ou ne rien faire. Mais bizarrement, ce n'est pas seulement du plaisir, c'est aussi un renoncement : renoncer au sentiment d'être important avec tout ce qu'on a à faire, renoncer à l'action et l'énergie tendue vers un but, renoncer à la satisfaction d'avoir eu une journée bien remplie (ça, c'est quand on compte en activités), renoncer à l'auto-apitoiement sur soi-même teinté d'auto-satisfaction parce qu'on s'en sort malgré tout, et le pire : renoncer à la nécessité de faire les choses. Maintenant, ce que je fais, la plupart du temps, c'est parce que j'ai choisi de le faire. La liberté gagnée donne un peu le vertige. Peur du vide, de l'inutile, du superficiel, de l'ennui, du rien. J'ai peur surtout que l'oisiveté entraîne la paresse et la fatigue... Je suis bien marquée par ce fameux proverbe "L'oisiveté est la mère de tous les vices" !!!! Tous ces paysans travailleurs qui forment ma lignée n'imaginaient guère les vertus de l'oisiveté ! Aujourd'hui, à moi de leur donner tort ! Mon prochain article aura donc cet intitulé : les vertus de l'oisiveté.

Commentaires

Cette impression d'inutilité ....parce que l'on ne court pas toute la journée, c'est ce que ressentent certains jeunes retraités , je ne suis pas de ceux là ( mais pas jeunes non plus!).
.C'est aussi accepter que l'on est pas indispensable, et une fois que c'est accepté alors ce n'est pas mal du tout! d'ailleurs on peut mieux vivre aussi pour les autres, car l'on ne se disperse plus .
Reposes toi ça me fait plaisir!

Écrit par : scoubisous | 08.02.2012

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