26.04.2011

L'enthousiasme

Qu'est-ce qui donne envie chaque matin de se lever ? Qu'est-ce qui nous donne l'énergie pour le jour à venir ? Pour moi, un coup d'oeil vers le petit coin de ciel que j'aperçois depuis mon lit me donne le désir d'aller prendre l'air, donc forcément au préalable, de me lever. C'est pour cela que je n'aime guère les réveils avant l'aube.

J'ai utilisé les mots envie, puis désir. C'est vrai que c'est important de savoir savourer l'instant présent, l'ici et le maintenant, mais je pense qu'il n'y a pas de désir sans capacité à se projeter dans le futur, donc pas de désir sans conscience de l'après à venir. Ainsi, je savoure à l'instant présent, en pleine conscience, ma capacité à visualiser l'après proche. D'ici une demi-heure, je sortirai avec le chien pour une promenade en marche rapide d'au moins 45 minutes. Il fait beau, j'ai des chaussures, j'ai le temps, j'ai des parcours possibles. Tiens, je vais vous décrire le parcours que je vais faire.

Quand je sors de ma maison, j'ai face à moi une jolie rue en perspective. Une rue presque méridionale, à cause de l'absence totale de végétation. A gauche et à droite, des façades en continu de grosses bâtisses en pierre, et le regard arrêté par l'église au loin. Dès que j'ai dépassé l'église, je longe une petite rue de pierres - une immense grange à gauche, un mur à droite- qui descend jusqu'au lavoir. Passé la grange, je regarde toujours à gauche, pour saluer de loin mon ami Jean-Marie s'il est dans son jardin, puis j'entre dans le lavoir. Juste pour le plaisir de la pluie. Car il suffit d'actionner un interrupteur pour mettre en route l'impluvium, et se retrouver instantanément dans l'ambiance sonore et visuelle d'un jour de pluie. Je ressors, et c'est comme si la pluie avait fait apparaître un paysage luxuriant, j'ai devant moi une perspective toute verte de prairies et d'arbres, la petite route tortueuse se perd dans la végétation. C'est le moment où je détache le chien. En avançant le long de la petite route, j'aime beaucoup me retourner jusqu'à l'instant précis où j'atteins le point idéal pour contempler le village que j'ai quitté quelques minutes plus tôt. Et là, j'ai devant mes yeux un vrai village à la Trénet du Douce France. Encore un de ces trucs que j'aimerais avoir si je ne l'avais pas. Donc je suis contente et je prends le temps de savourer cette vision. Puis je quitte la route pour m'enfoncer à droite dans un petit chemin bordé d'un côté par les champs, de l'autre par des petites prairies vallonnées. Le chien est libre de ses mouvements, il en profite pour disparaître dans les haies, réapparaître quelques secondes plus tard, partir en avant, revenir, s'éloigner dans le champ la truffe en l'air, humant la trace éventuelle d'un lièvre, revenir, faire mille allers et retours, jusqu'au moment où le chemin s'élevant sur le plateau, il doit pour un instant renoncer à sa liberté. Car nous approchons de la route aux véhicules égoïstes, fonçant à grande vitesse en ligne droite sans conscience de la vie alentour. La fameuse "nationale". Ex-nationale aujourd'hui, si on veut être exact. Après un temps suspendu de traversée rapide, je sais que je vais bientôt rejoindre un deuxième point de vision que j'aime : une fois que j'aurai longé pendant quelques mètres la grande route - sans danger car j'utilise un chemin agricole parallèle - je prends un petit chemin blanc à gauche, j'avance encore d'une centaine de mètres et là, j'ai une perspective extraordinaire sur le val de Seine. Il faut alors que je m'arrête quelques minutes, mon regard ne pouvant tout absorber d'un coup. J'aime ces endroits où le regard porte loin, rien ne l'arrête et l'horizon peut bien être l'océan si je veux. Voilà, là, à cet instant, j'ai parcouru la moitié de ma ballade. Je vous épargne la suite (prairies, vaches, ferme isolée, retraversée de la nationale, etc). Je viens juste de comprendre que cette promenade est à l'image de la vie telle que j'ai envie de la vivre : une alternance de moments où l'on avance pour le plaisir de l'action et de moments où l'on s'arrête pour le plaisir d'une vision. 

Voilà l'origine de l'enthousiasme : la joie de faire et d'agir, être un pur corps,  comme quand on marche, et la force des idées et des visions, cultivée par la capacité à savoir s'arrêter au bon moment pour nourrir son esprit. Ce en quoi je suis supérieure à mon chien qui ne connaît qu'une part de l'enthousiasme.

20.04.2011

Ai-je abusé ?

Ai-je abusé du petit portable violet, en lui imposant un rythme trop soutenu ? Une ouverture chaque matin vers 6 ou 7 heures, un fonctionnement ininterrompu de 20 à 23 heures... Il a claqué ! S'est éteint tout seul sans m'avertir et depuis, ne réagit plus à la pression pleine d'espoir de mon index... Electro-encéphalogramme plat. Ou plutôt, même pas d'électro du tout. Normalement, une nécrologie veut que l'on vante les qualités du disparu. Mais je suis obligée de dire que ce petit portable était un rebut, lâchement délaissé par ma fille au profit d'un beau macbook. Faut dire qu'il lui avait déjà fait des sales coups, lui faisant perdre beaucoup de temps. Je l'avais laissé tel que le jour de son abandon, c'est peut-être un tort, j'aurais sûrement dû lui offrir un bon rafraîchissement et quelques options de sécurité supplémentaires. Mais bon, je ne voulais pas le brusquer. En attendant, plus question d'ouvrir l'oeil et le portable de concert. Désormais, vous m'aurez après une bonne douche, un bon café, et un sérieux coup d'oeil sur la montre pour vérifier qu'il me reste encore du temps, habillée, coiffée, assise bien droite sur une chaise, bref, probablement trop policée pour me laisser aller à écrire n'importe quoi...

Tiens, là, si je vous livre mes pensées du moment : il est 8h42, d'ici 9h, je dois être allée à l'épicerie, achat de pain et de quoi faire des sandwichs, pour ma grande qui part travailler toute la journée. Ensuite, je fais le taxi pour elle. Tiens, voilà John qui passe, enfin un être vivant sur la place ! Holà, faut que je fasse les vitres ! Bruit métallique de boîte aux lettres, tiens ça lui va bien son polaire rose pèt à la jeune factrice. Chouette, on dirait qu'elle a déposé deux ou trois trucs.Allez, je vais chercher ça.....

Et bien voilà, la preuve est faite : il y a le temps pour rêver et le temps pour agir.

30.01.2011

Internet et moi

Je pense qu'on vit sur internet comme on est dans la vie.

Je me suis créé il y a peu de temps une page facebook. Histoire d'être un peu dans l'air du temps. Mais facebook m'ennuie profondément. J'ai la même sensation que lorsque je suis dans un événement de type mondain. Facebook est pour moi comme un grand salon ou tout le monde parle de n'importe quoi à n'importe qui, où des bribes de conversation peuvent être perçues par des gens à qui elle n'était pas destinée, où tu dois te montrer intéressant si tu ne veux pas faire tapisserie dans un coin. Bref, tout ce que je n'aime pas.

C'est normal, c'est générationnel, m'a dit ma fille de 20 ans. Pour elle, fb est un moyen de rester en contact avec ses amis.

Pour moi, c'est le royaume du superficiel qui se veut important.

Je préfère mille fois les blogs. Comme je préfère mille fois les soirées simples entre amis, sans mondanités. Car là, même dans la simplicité et le non-sensationnel, rien n'est superficiel. C'est pourquoi, chaque matin, accro comme d'autres parmi vous, je fais le tour des blogs et je dépose une petite réflexion sans prétention sur le mien.