15.05.2012

Telle une papou

Ouh là ! Il faut que je rejoigne plus régulièrement la grande ville ! Ainsi, une simple déambulation dans les rues surchargées de monde ne me fatiguera plus autant que celle d'hier. Non pas que j'aie trouvé ma sortie désagréable. Mais mes sens visuels et auditifs ont été hyper sollicités : j'avais l'impression de ne plus savoir où donner de la tête. En fait, j'ai perdu la capacité citadine qui consiste à ne pas voir les gens qui existent autour de soi. Ben oui, habituellement, je rencontre très peu de personnes, et il est coutumier de dire bonjour à chacune d'elles, voire de lui adresser une petite phrase, sur la météo au minimum. Evidemment, l'idée ne m'est pas venue d'appliquer cette coutume hier en ville. Cependant, mes yeux accrochaient involontairement chacun des passants que je croisais, et c'est une sensation bizarre, soûlante au sens propre. En plus, j'entendais avec un volume exagéré (réalité ou perception exacerbée ?) les gens qui parlaient à leur téléphone. Il n' y en avait pas tant que ça, mais du coup, leur voix ressortait. Comme quoi, on se déshabitue vite et nos sens s'émoussent quand on ne change pas d'environnement. Si ça se trouve, aujourd'hui, dans mon environnement habituel, des tas de choses m'échappent parce qu'elles ne paraissent plus exotiques. Après tout, c'est peut-être une vieille aptitude atavique de survie : on s'adapte à notre milieu en ne ressentant plus ce qui pourrait nous brusquer. De la même façon qu'on trouve agréable au bout de quelques minutes une eau océanique dans laquelle on a eu du mal à rentrer parce qu'elle nous semblait glacée.

Tiens, pour m'amuser aujourd'hui, je vais tenir le compte du nombre de personnes que je croise !

14.05.2012

Prise de tête !

Hier, j'ai relu une bonne partie des articles de ce blog, je me suis fait une petite auto-retrospective. J'en ai trouvé quelques-uns plutôt agréables à lire, bien inspirés. Du coup, je regrette cette verve scripturale qui semble m'avoir abandonnée...

Allez, tiens, je retente le coup de la radio : j'allume et j'éteins aussitôt la radio, puis j'écris à partir des quelques mots qui sont sortis à ce moment-là.

Tadam, voilà le résultat de la pioche hertzienne : "trouver des solutions".

Dans mon cas, ce serait plutôt "renoncer à trouver des solutions". Ou alors, d'abord trouver les "situations-problèmes" (expression qui remonte de mon passé enseignant) avant de trouver les solutions. Il n'y a pas de problème sans solution, disait mon père. Je dirais aussi qu'il n'y a pas de solution sans problème. Parfois, on cherche des réponses, on aimerait avoir des "solutions" de vie, ce qui peut expliquer le grand succès d'ouvrages traitant de développement personnel ou racontant des expériences de vie. Mais on n'a même pas identifié la situation-problème ! Parce qu'il faut le reconnaître, des vraies situations-problèmes, on n'en a plus guère, dans notre mode de vie de privilégié : comment subvenir à nos besoins de base ? Pas trop compliqué, il y a le supermarché pas loin. Alors du coup, peut-être qu'on s'en invente : est-ce que je suis heureuse dans mon couple, est-ce que je suis heureuse dans mon métier, etc...Et je vais conclure provisoirement (vu l'heure, je suis obligée de conclure) que la vraie situation-problème finalement, c'est d'identifier la vraie situation-problème !

07.03.2012

Se laisser porter, oui mais...

Hier, je suis retournée à la piscine, après une interruption d'au moins quinze jours, faute de motivation suffisante. Rappelez-vous que j'ai appris à nager le crawl. Je sais donc à peu près pratiquer cette nage, mais sans doute pas suffisamment pour l'aimer déjà. Je me sens encore mille fois plus à l'aise en brasse, alors comme personne ne me contraint à autre chose, je n'évolue plus vraiment, retournant à mes pratiques familières. Mais heureusement, une nouvelle série de cours va bientôt reprendre, ce qui m'obligera à aller à nouveau au-delà de mes préférences paressseuses.

Un amusement que je m'octroie après une séance de nage, c'est la flottaison à l'aveugle dans le bassin à jets. Les jets sous l'eau créent des courants contre lesquels il est difficile, voire impossible, de lutter. Si tu résistes, au mieux tu fais du sur-place. Moi qui ai une capacité de flottaison hors du commun (un vrai bouchon de liège, dans l'eau !), je m'étale sur le dos, en relaxation complète, et je me laisse transporter, tel un fétu de paille dans une rivière. Cela me plaît pour deux raisons : tout d'abord, me sentir légère comme un brin d'herbe quand on connait mon poids, c'est plutôt agréable et très différent de ma vie terrestre, ensuite, me laisser porter à l'aveuglette, avec les surprises de parcours (et bing, la cuisse qui frappe un coup contre le mur, et bang, pardon monsieur, et tiens ! je suis déjà là ?), j'adore ça ! C'est d'ailleurs ce plaisir concret qui m'aide dans ma vie réelle, parce que très souvent, surtout depuis que j'ai lâché mon emploi de fonctionnaire, je me sens contrainte de naviguer à l'aveuglette, devant mettre un certain degré de confiance dans l'itinéraire, luttant contre l'appréhension toute naturelle des "surprises de parcours".

Se laisser porter, oui mais... Et c'est là où je retourne au premier paragraphe : il faut aussi des moments où l'on est contraint d'aller au-delà de ses envies dilettantes, c'est le seul moyen d'évoluer. En fait, la vie, c'est tout un art ! Accepter de se laisser porter tout en luttant pour aller au-delà de sa propension à la paresse (paresse de tout genre, intellectuelle, morale, physique). Se lâcher sans lâcheté ! Pas étonnant qu'on ne s'en sorte pas toujours au mieux !